Deux choses très différentes
Quand on parle de « trafic IA », on mélange souvent deux phénomènes.
Les robots des assistants. GPTBot, ClaudeBot, PerplexityBot et d’autres parcourent votre site pour entraîner un modèle ou pour répondre à une question en direct. Ce ne sont pas des visiteurs. Un bon outil de mesure les reconnaît et les écarte de vos chiffres. Equateur Analytics les compte à part, dans la liste des passages écartés, pour que vous sachiez qu’ils sont venus.
Les personnes envoyées par un assistant. Quelqu’un pose une question à ChatGPT, lit une réponse qui cite votre page et clique sur le lien. C’est une vraie visite, d’une personne qui arrive avec une question précise. C’est ce trafic-là que ce guide traite.
Comment ces visites arrivent
Un assistant qui ouvre un lien dans un navigateur transmet, la plupart du temps, l’adresse du site d’origine (le « referrer »). Votre outil voit alors une visite venue de chatgpt.com, perplexity.ai, gemini.google.com, claude.ai, copilot.microsoft.com ou chat.mistral.ai.
ChatGPT ajoute aussi souvent un paramètre utm_source=chatgpt.com aux liens qu’il propose. C’est utile : le paramètre survit même quand le site d’origine n’est pas transmis.
Equateur Analytics range ces visites dans un canal à part, Assistants IA, au lieu de les laisser parmi les sites référents. Plausible et Matomo font la même chose : ce n’est plus une rareté, et c’est tant mieux.
Pourquoi une partie se cache dans le direct
Tout le trafic venu d’un assistant n’est pas reconnaissable. Une visite arrive sans site d’origine, donc en « Direct », quand :
- l’assistant est utilisé dans une application mobile ou de bureau qui ouvre le lien sans transmettre d’origine ;
- la personne copie l’adresse citée et la colle dans son navigateur ;
- la personne retient le nom de votre entreprise et le tape plus tard dans un moteur de recherche (la visite est alors comptée en « Recherche »).
Le chiffre du canal Assistants IA est donc un plancher, pas le total. Ce n’est pas propre à un outil : aucun outil ne peut deviner l’origine d’un lien collé à la main.
Ce qu’il faut regarder
Le volume, avec recul
Pour la plupart des sites, les assistants pèsent encore quelques pour cent des visites, loin derrière la recherche. Un passage de 40 à 70 visites en un mois fait « +75 % », mais ce sont 30 visites. Regardez la part du total sur trois mois ou un an, pas la variation d’une semaine. Le résumé du lundi d’Equateur Analytics ne signale une hausse que si elle sort du bruit statistique.
Les pages d’arrivée
C’est l’information la plus utile. Filtrez le tableau de bord sur le canal Assistants IA et regardez les pages par lesquelles ces visiteurs entrent. Vous verrez souvent des pages que vous ne pensiez pas importantes : un tableau comparatif, une page de prix, une fiche technique, un article ancien qui répond clairement à une question.
Ces pages ont un point commun : elles répondent à une question précise, avec des faits. Ce sont elles qu’un assistant cite.
La conversion
Les personnes envoyées par un assistant ont déjà lu une réponse, et elles cliquent pour vérifier ou pour agir. Sur beaucoup de sites, elles convertissent mieux que la moyenne. Comparez le taux de conversion du canal avec celui de la recherche, sur une période assez longue pour avoir au moins quelques dizaines de conversions. En dessous, l’écart ne veut rien dire.
Les robots, à côté
Si GPTBot ou PerplexityBot passent beaucoup sur votre site mais que le canal Assistants IA reste vide, vos pages sont lues mais pas citées, ou citées sans lien. Ce n’est pas un problème de mesure.
Ce qu’on peut en faire
- Soignez les pages déjà citées. Mettez à jour les chiffres, la date, les prix. Une page citée et périmée renvoie des visiteurs déçus.
- Rendez vos réponses faciles à citer. Un titre qui pose la question, une réponse dans les premières lignes, des faits vérifiables, un tableau quand il y a des chiffres à comparer. C’est la même discipline que pour la recherche classique.
- Ajoutez un objectif sur la page d’arrivée la plus fréquente. Si les visiteurs des assistants arrivent sur votre page de prix, mesurez ce qu’ils font ensuite : demande de devis, inscription, appel.
- Ne bloquez pas les robots sans réfléchir. Bloquer GPTBot dans votre
robots.txtempêche l’entraînement des modèles d’OpenAI sur vos pages. Les robots qui servent à chercher et citer en direct ont souvent un autre nom (OAI-SearchBot chez OpenAI, par exemple). Décidez en connaissance de cause, robot par robot.
Ce qu’il ne faut pas en faire
- En faire un argument de vente. Le trafic IA est un canal parmi huit. Il mérite d’être visible, pas d’être le centre de votre tableau de bord.
- Comparer avec un outil qui le range ailleurs. Un outil qui classe
chatgpt.comen « site référent » et un autre qui l’isole donneront des répartitions différentes pour les mêmes visites. - Conclure sur une semaine. Les assistants changent souvent la façon dont ils affichent les liens. Une hausse ou une baisse brutale peut venir d’un changement d’interface chez eux, pas de votre site.
En pratique dans Equateur Analytics
Le canal Assistants IA apparaît dans « D’où viennent-ils ? » dès la première visite reconnue, sans réglage. Cliquez dessus pour filtrer le tableau de bord, puis regardez « Que lisent-ils ? » et « Qu’est-ce qui convertit ? ». Les robots écartés, GPTBot compris, sont listés à part avec leur nombre de passages.
Comme pour tout filtre, les lignes de moins de 3 visites sont regroupées : sur un petit site, vous verrez donc les grandes tendances, pas chaque visite. C’est voulu, et c’est ce qui permet de mesurer sans bandeau cookies.
Pour comprendre comment Equateur Analytics classe chaque source, lisez la section « Bien nommer vos campagnes » de la documentation. Pour savoir quelles demandes ce trafic vous apporte, lisez notre guide Mesurer les demandes de devis par source.